Démarche artistique

Démarche artistique

"Je peins ce que je ressens. Je ne peins pas ce que je vois, j’interprète ce que je sens."

On reconnaît mes œuvres à leurs gerbes de couleurs qui évoquent des pièces pyrotechniques. Des bouquets de lumière qui transforment chaque œuvre sur verre ou sur canevas en une fête d’étincelles et de scintillements. Faisceaux, embrasements, cascades de pivoines, de palmiers, de marrons d’air, de saules pleureurs... Mes toiles sont propulsées par un mouvement étudié et approfondi, par un geste toujours plus précis, dans une incessante quête de saisir l'éclat en mouvement.

C’est une démarche incandescente qui me caractérise autant qu'un feu d'artifice illuminant le ciel. Je me consacre depuis des années à chercher, à tester, à développer ce style pictural qui reflète ma vie, exprime ma pensée, transcende mes souvenirs, habille mes rêves. Une trajectoire qui évite volontairement la ligne droite, inspirée par les montagnes que je préfère désormais aux prairies parmi lesquelles j’ai vécu pendant seize ans, au Manitoba.


Au-delà du geste résolument explosif, mon approche se démarque aussi par le choix du média, l'appel du matériau. À cette étape de mon art, le verre et le miroir m'interpellent et m’enchantent, car ils permettent d'apercevoir la première application de peinture au dos du verre, puis la touche finale sur la face de l’œuvre. Le spectateur peut donc apprécier simultanément le début et la fin de la production, entrevoir le cheminement, qui devient partie prenante de son expérience. De la première touche de couleur au dernier coup de pinceau, de la terre jusqu’aux étoiles, le geste artistique se révèle comme une invitation à visiter l'envers du décor.

Cette approche, ce raisonnement, exigent une constante recherche de supports, chez les vitriers, dans les quincailleries, auprès de manufacturiers de plexiglas, chez les maçons et les artisans de la pierre. Tous les matériaux possibles entrent en jeu. Dans cet itinéraire d'un support à l'autre, d'une œuvre à l'autre, s'expriment ma recherche de continuité, mon désir de me surpasser dans mes créations, d'oser des idées toujours plus inédites, comme mes grandes pièces mesurant 36 x 80 po.

De précieux complices m'aident sur le plan technique. Mon choix de matériau impose son lot de questionnements, de difficultés, et stimule une nécessaire ingéniosité. Comment accroche-t-on une œuvre en verre de 18 kilos sur un mur de gypse ? Comment livre-t-on de façon sécuritaire des pièces en verre et en miroir jusqu'en Nouvelle-Écosse ou en Californie ? Qui peut fabriquer des boîtiers sur mesure pour le transport de telles œuvres ?

Je travaille souvent entourée de 25 pots de peinture, tous ouverts, laissant mon imagination et la couleur guider mes actions. J’emploie une technique qu’un musicien qualifierait d'improvisation jazz, où les gestes doivent couler de source, et où trop de retours, de retouches et de revenez-y gâcherait la spontanéité. Chaque œuvre est portée par un flot de couleurs, telle une fête, une table bien garnie.

La méthode, le mouvement, ne sont jamais figés. Aucune œuvre ne ressemble à la précédente. Sans relâche, je recherche ce moment où la magie s’installe, où la beauté parle, où je peux dire : «ça y est, on n'y touche plus : tout y est !». L’avenue empruntée est celle de la quintessence esthétique. L'harmonie fait foi de tout. Jamais je ne reprends ou corrige, car l’acte de peindre doit s’auto-suffire.

Ma vision artistique ne sous-tend aucun message politique, social, théorique ou anecdotique. L'esthétisme idoine à l'art décoratif prime avant tout. Parce que mes toiles débordent de couleurs, elles requièrent un environnement le plus dépouillé possible. Ma motivation est exclusivement vouée à l'art décoratif, et mon atelier personnel en est le parfait reflet. Cet espace de création se décline en un environnement minimaliste, lumineux et où le blanc est roi, c’est un écrin épuré où mes œuvres fendent l'air. Ma communication avec l’amateur d’art passe par ce studio, à la fois représentation matérielle de ma foi en tant qu'artiste et lieu d'échange avec les collectionneurs qui y éprouvent dès le premier regard, dès la première interrogation, le début de leur interprétation de mon identité artistique.

Le Studio d’art qui porte mon nom est un nouveau lieu qui traduit mon désir ardent de me dédier entièrement à mon art et à ma recherche esthétique. Je désire voir mes œuvres trouver leur place auprès des amoureux des arts visuels et habiter les espaces préférés des acquéreurs. Ma démarche créative est à l’image de ma vie : compliquée, complexe, polychromée, variée, avec un joyeux branle-bas ici et là, pour mieux accéder, chaque fois, à une nouvelle étape de mon expansion.

Mon engagement prend la forme d'un désir de fulgurance dans la beauté. J’aime qu'un collectionneur s'écrie spontanément : «c’est magnifique ce tableau, je le veux!» plutôt que d’entendre un admirateur se demander : «qu'est-ce qu’elle a bien voulu dire par là ?».  Mon engagement strictement décoratif se sent, se perçoit. Quand je peins, je palpite, je vibre, je danse, je m’amuse follement. Et si je réussis à susciter cet état d’âme chez l'éventuel acheteur, c'est pour moi l'hommage ultime.

Je signe mes pièces à l'endos et je laisse souvent à l'acquéreur le soin de baptiser l'œuvre. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que mes œuvres sont désormais faciles à identifier, leur style est unique, personnel, intrinsèque. Je veux également laisser au client la liberté et le choix de décider dans quel sens il accrochera la pièce, selon son interprétation, selon l'espace qu’il lui réserve. D'autre part, si j'ai un jour cessé de nommer mes créations, je le dois à un acquéreur d’origine autochtone qui, devant une toile que je considérais (par ailleurs) comme incomplète, a déclaré : «celle-là, c'est l'Automne de l'été indien». Un titre qui ne me serait jamais venu à l'esprit, mais qui s'imposait comme une évidence aux yeux de son nouveau propriétaire. Alors, je peins et je vous laisse intituler l'œuvre selon votre perception propre. Cette étape favorise une interaction joyeuse, émouvante et riche de signification, tant pour l’artiste que l’acquéreur.

Mon âme emprunte le chemin de ma main et des pinceaux. Je suis ce que je peins.

Repères biographiques

Après un certificat de fleuristerie, un baccalauréat ès arts et une maîtrise en éducation à Université de Montréal, Lise Tanguay Chowdhury poursuit sa carrière dans le domaine des ressources humaines (Université de Montréal, Merrill Lynch, Design et Communication Inc., Hilton International, Hercules Canada, Holt Renfrew, Ramca et The Mutual Group, Sun Life) avant d’accéder à la vice-présidence des ressources humaines pour une entreprise internationale qui l’amène à vivre à Winnipeg et à St. Louis, MI.

En 2000, elle rédige sa thèse de doctorat Designing a Brain Compatible Organisation - Lao Tzu versus Napoleon, présentée à 122 organisations faisant partie du Fortune 500 nord-américain.

En 2012, comme dans les films, sa cellule familiale, au Manitoba, éclate et elle rompt avec son parcours professionnel. Elle rentre au bercail déboussolée, désenchantée. Elle redécouvre le Québec, après dix-huit ans d’absence, où tout a changé. La peinture devient sa thérapie, son mode de survie, son chemin vers la guérison. Elle décide de peindre à pleines mains et y consacre tout son temps. En mars 2017, elle inaugure son propre lieu de création, le Studio d’Art Lise Tanguay Chowdhury, à Saint-Adolphe-d’Howard.

Expositions

Club de Golf Le Balmoral, Saint-Sauveur (2016) Salon du Design, SIDIM, Montréal (2017) Galerie d’Art Pauline T. Paquin, Saint-Sauveur (2017)

Lise Tanguay Chowdhury
en cinq mots

Expansion

Je me développe. Je poursuis ma croissance. J’apprends de nouvelles techniques, de nouvelles façons de faire, de nouvelles philosophies.

Action

Je transpose sur divers supports l’explosion pyrotechnique qui me brûle l’âme tout autant que les doigts.

Valeurs

Vivre et laisser vivre. Quand on comprend, on ne juge pas.

Devise

Rien ne sert de courir, il faut vivre à point.

Influences

Lao-Tseu, l’architecture, le minimalisme; les biographies où se révèlent le courage et l’ingéniosité comme celle de Barbe Nicole Clicquot née Ponsardin, « La veuve Clicquot ». La méchanceté de V. S. Naipaul; le génie tout simple de Yousuf Karsh; la bizarrerie de Toulouse-Lautrec; la prétention de Frank Lloyd Wright; l’absurdité de Tina Fey; la grandeur de William Hearst, et surtout, la vie et l’œuvre architecturale de la pionnière Julia Morgan.

Chronologie

1977

Certificat de fleuriste, je rêvais de posséder ma propre boutique.
Mes pièces les plus réussies : les couronnes funéraires !

1987

Baccalauréat dès arts, Université de Montréal

1990

Maîtrise en éducation, Université de Montréal

2000

J’écris une thèse de doctorat, jamais débattue à l’université mais présentée à 122 organisations du Fortune 500 en Amérique du Nord : «Designing a Brain Compatible Organisation» - «Lao Tzu versus Napoléon»

1977 à 1993

Emplois divers principalement en ressources humaines : Université de Montréal, Merrill Lynch, Design et Communication Inc., Hilton International, Hercules Canada, Holt Renfrew, Ramca et The Mutual Group, Sun Life – Ontario.

1994 à 2007

Vice-présidente des ressources humaines pour une entreprise internationale. Je fais la navette Winnipeg – Saint-Louis, Missouri pendant 13 ans.

2012

Ma vie de famille au Manitoba éclate dans la guerre et la haine que peut engendrer les grands conflits de valeurs et les grandes mésententes culturelles. Je reviens au bercail déboussolée, perdue, désenchantée, désorientée. Dix huit années d’absence du Québec; tout avait changé. La peinture devient ma thérapie, ma survie, ma guérison. Opération reconstruction.

2016

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur : ma poésie est choisie pour une lecture publique au Mont Tremblant. Divers textes (Doux maître Marco, Le Monsieur des bouteilles, I used to be so pretty...) se retrouvent sur mon site web LiseTanguayChowdhury.com

2016

Exposition au Club de Golf Balmoral Le défi : L’éclairage me hante et ne rend pas justice à mon travail

2017 - mars

Ouverture de ma galerie d’art au 500 Montée Val de Loire à Saint-Adolphe-d’Howard

2017 - mai

Exposition au Salon International de Design - SIDIM

La somme de mes choix, le fil conducteur et mes pratiques.

Un seul mot, EXPANSION. Est-ce que je me développe ? Est-ce que je poursuis ma croissance ? Est-ce que j’apprends des nouvelles techniques, des nouvelles façons de faire, des nouvelles philosophies ?

Mon intention : Vivre de mon art en produisant des pièces vivantes qui font penser au Festival Halo en Inde.

Mon action : Produire des œuvres qui puissent ravir l'acquéreur tout en me permettant de m’exprimer tel un feu d'artifice au travers de ces pièces.

Mon résultat : Une vie qui en a laissé plusieurs perplexes (moi la première), mais chaque brouhaha prend sa place dans un cheminement épris de cohérence.

En quoi suis-je originale ? Ma transparence. Ma technique. Le flot dans l’application des couleurs. La générosité des matériaux.

Comment je me singularise? Chaque œuvre est une fête; un souper de famille devant une table bien garnie.

Mes valeurs ? Vivre et laisser vivre. Quand on comprend, on ne peut juger. Tous ont le droit d’aller et venir comme bon leur semble.

Mes messages ? Rien ne sert de courir, il faut vivre à point.

Mes influences : l’architecture, le minimalisme. Les biographies de personnages inédits où se révèlent le courage et l’ingéniosité de La Veuve Clicquot. La méchanceté de V. S. Naipaul. Le génie tout simple de Yousuf Karf. La bizarrerie de Toulouse Lautrec. La prétention de Frank Lloyd Wright. L’absurdité de Tina Fey. La grandeur de William Hearst, mais surtout la vie et l’architecture de la pionnière Julia Morgan.

Et puisque je cite mes influences; quel est ce nom Tanguay Chowdhury? Tanguay c’est mon nom de fille. Chowdhury c’est le nom de ma seule et unique fille de 19 ans, racines au Bengladesh. Porter le nom de ma fille est primordial, essentiel, non négociable pour elle et pour moi. Ce nom Chowdhury démontre clairement la responsabilité que j’ai envers cet enfant que j’ai mis au monde et qui a absolument besoin d’un signe concret à savoir que sa mère n’a aucune hésitation à assumer cette partie importante de nos vies liées en chaire et en os. Ne pas porter le nom Chowdhury c’est envoyer le message à cet enfant qui a besoin de moi que son nom m’importune, que c’est plus simple pour tout l’monde de m’appeler Tanguay - mais la simplicité n’est pas mon but. La déclaration d’un engagement à vie envers cet enfant qui a besoin de tout le support nécessaire dans une société qui a le préjugé parfois facile est le but. Désolée si Lise Tanguay Chowdhury est inusité et requiert un effort, mais là est toute la référence : je n’ai pas peur de ce qui est complexe, l’effort ne m’intimide pas non plus – comme mes œuvres.

Dire je t’aime ne suffit pas toujours. Démontrer que je suis parfaitement capable d’assumer une plus grande complexité à cause de cet amour en dit davantage – aimer vraiment c’est parfois compliqué.

Mes affinités : Lao Tzu (la base de ma thèse de doctorat).

Mes interférences : Les esprits réductionnistes : Oui mais, et s’il fallait que…